Image Petrol Addict

Ce week end, j’ai participé à une séance de désintoxication. Je l’avoue, je suis accro. Heureusement, il y a les prétroliques anonymes! C’était l’idée de Greenpeace, qui a mené dans 24 villes de France une action dénonçant notre dépendance au pétrole.

Un paper-board, un médecin en blouse blanche, et des passants assis en cercle, curieux de mieux comprendre leur addiction. Beaucoup pensent toute de suite à la voiture, et quand on ne peut pas s’en passer, même pour une bonne raison, on s’arrête là. Mais alors on découvre que le pétrole se cache un peu partout: mon verre de lait le matin (0,13 litres de pétrole*), le jean que je porte (25 litres de pétrole*), ou mon ordinateur sur lequel je travaille (612 litres de pétrole*).

Comment se passer de tout ça ? L’élément trompeur était que les militants de Greenpeace étaient concernés aussi. Écoutons donc le médecin: il propose un tableau avec des catégories de besoins. D’un côté ceux nécessaires: vitaux, indispensables, nécessaires, utiles, d’agrément; et de l’autre les superflus: futiles, luxueux, extravagants, nuisibles et criminels.

Chacun exprima un besoin et le débat commença sur la priorité de sa nécessitée: se déplacer, manger, avoir un ordinateur, se chauffer, partir en voyage, faire du karting, se soigner, etc… Le concept vient de Bernard Chabot, ingénieur économiste chez négaWatt, dont l’idée est « de coupler la hiérarchie des besoins et l’échelle des régulations pour promouvoir les services énergétiques les plus sobres associés aux besoins à satisfaire en priorité ». ((http://www.ecoloinfo.com/2008/11/17/des-champignons-energetiquement-indigestes-terrasses-chauffees-fumeurs/))

Chaque addict est alors invité à inscrire une bonne pratique sur le tableau et en choisir une qu’il s’engage à respecter. Pendant ce temps sur le stand, on nous rappelle la situation critique: cette dépendance oblige gouvernements et compagnies pétrolières à exploiter du pétrole dit non-conventionnel, c’est-à-dire le off-shore profond, les sables et schistes bitumineux et les huiles lourdes, les recherche dans l’Arctique. Ces projets sont parmi les plus sales, les plus dangereux, énergivores procédés pour extraire une matière première fossile qui émettra ensuite encore d’immenses quantités de CO2 dans l’atmosphère.

Le stand d’Amnesty International nous rappelle également que ces procédés ont des impacts sociaux, surtout dans des pays où les législations environnementales sont rares: en Russie, au Vénézuela, au Maroc, en RDC… Preuve à nouveau que les combats humains et les combats écologiques sont liés.

On repart de la séance avec une ordonnance avec de traitements chocs pour la première semaine (laisser sa voiture au garage au moins 2 jours par semaine, rechercher des produits alimentaires de proximité…) et des traitements de fond (redécouvrir les joies du vélo, préférez le train à l’avion, optimiser la durée de vie des produits polluants…). Des idées simples mais accessibles à tous. Au bilan: une bonne technique de sensibilisation qui implique le passant sans l’accuser.

*http://www.linternaute.com/actualite/savoir/07/petrole-yaourt/7.shtml
http://energie-climat.greenpeace.fr/
http://www.vivement-la-desintox.com/


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3 thoughts on “We’re all petrol-addicts!

  1. Très intéressant. C’est assez incroyable de voir à quel point cette ressource fossile est présente dans nos vies. C’en est presque effrayant. La démarche ici permet vraiment de prendre conscience de beaucoup de choses.

    Notons aussi comme Matthieu Auzanneau que c’est un pas qu’a franchi Greenpeace. En effet, c’est la première fois que l’ONG ne s’en prend pas au producteurs de pétrole, les grosse compagnies comme total au Shell, mais au pétrole en tant que telle.

    Cf. http://petrole.blog.lemonde.fr/2011/01/20/greenpeace-«-tous-accro-au-petrole-»-video/

  2. « Le constat de notre dépendance est posé. Mais on en reste à peu près là. Manquent les solutions. »

    Je ne vois pas ce qu’il y a de révolutionnaire dans cette campagne. Greenpeace a toujours prôné l’efficacité énergétique et une révolution énergétique. Les solutions, on les connait, réduire son bilan carbone revient souvent à réduire sa conso en pétrole…

  3. Je rejoins Antonin sur ce point là. Réduire sa conso. de pétrole n’est pas vraiment une solution mais plutôt un objectif. Il nous faut maintenant trouver des mécanismes acceptables et équitables pour faire en sorte qu’une part significative de la planète se mette sérieusement à se serrer la ceinture. C’est ça les véritables solutions. Et ce n’est pas une mince affaire. Car quoi qu’on en dise, se mettre au régime n’est jamais très réjouissant.

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