L’envie d’écrire cet article m’est venue en écoutant Claude Allègre (et oui encore lui !) parler de sa vision de l’écologie. Il arguait notamment qu’il ne voulait pas retourner à « l’âge des cavernes ». Pour être honnête, ce n’était pas la première fois que j’entendais ce genre d’argument. En effet, il me semble que c’est là une réaction naturelle lorsque l’on remet en question notre mode de vie actuel. Mais doit-on vraiment en arriver là ? Plus concrètement, qu’est-on en droit d’espérer dans une société responsable ?

Il est important de comprendre que le point essentiel est d’établir un équilibre entre notre consommation, les ressources à notre disposition et l’impact de notre activité sur notre environnement. Ceci est vrai autant au niveau social qu’écologique. En effet, nous devons répartir les ressources et n’en consommer que ce que la terre est capable de fournir. Dans cette recherche d’équilibre aucune activité n’est réellement à bannir, il faut seulement la pratiquer dans une certaine mesure, en tenant compte des contraintes qui nous entourent.

Ce que nous devons sacrifier est la consommation à outrance. Nous devons renoncer au luxe, mais pas forcément au confort. Rappelons qu’un paysan du Xème siècle avait une espérance de vie à la naissance de 30ans. Et bien entendu, personne ne prétend retourner à un tel état, bien au contraire. Malheureusement, notre société occidentale est dans l’excès ; et à tous niveaux. On s’en rend vite compte lorsqu’on observe les différences abyssales de consommation entre les pays riches et ceux « en voie de développement ». Mais cette abondance matérielle nous rend-t-elle plus heureux ? Qu’avons nous vraiment gagné ?

La médecine, l’art, la science (au sens de la connaissance) sont notamment des choses auxquelles nous ne devrions pas avoir à renoncer car elles font partie de l’indispensable. En revanche, il apparaît évident que nous devrons évoluer vers un mode de vie plus simple, plus sain et moins consommateur. Nous perdons de vue les choses essentielles, et cela est dommageable pour les personnes moins privilégiées (rappelons que les pays développés consomment 80% des ressources mondiales), pour l’environnement et même pour nous. Devenir moins gourmand ne doit pas constituer un sacrifice.

Prenons le secteur de l’énergie en exemple. A l’échelle mondiale, nous produisons la majorité de notre électricité à partir de combustible fossile. Malheureusement, leur exploitation dégrade l’environnement. Que ce soit à grande échelle, avec un impact grave sur le climat, où à une échelle plus modeste, avec de nombreuses pollutions locales aux conséquences irréversibles. Cette immesure est d’autant plus irrationnelle que nos réserves sont en quantité finie. Cette consommation ne durera pas éternellement.

Grand nombre de personnes conscientes de l’enjeu de renouveler notre production d’énergie proposent des solutions. Plusieurs (dont notre ami J.M. Jancovici) proposent de mettre en place un système, baptisé par Greenpeace, « révolution énergétique ». Celui-ci est basé sur 3 axes principaux : Sobriété, Efficacité et renouvelable. Ce scénario met la modération au centre de sa stratégie. Avons nous réellement besoin de toute cette énergie ? Deuxième axe, l’optimisation : avoir des logements isolés ou éviter le gâchis industriel. Ensuite seulement, la technologie fait sont entrée en scène, en l’occurrence les énergies renouvelables.

Cette « révolution énergétique » a cela de très intéressant que ses grandes lignes pourraient être généralisées à tous les secteurs. Avant de compter sur la technologie pour nous sauver, nous devons modifier notre mode de vie: moins consommer, mieux consommer. Il faut souligner que tout ceci va dans le sens d’une amélioration. Il ne s’agit en rien d’un retour en arrière mais plutôt d’une évolution.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *