Alors que les métropoles font face aux conséquences liées à la saturation des réseaux de transport, à la pollution de l’air et aux phénomènes de désertification périurbaine, les complexes de travail multi-entreprises de proximité offrent une solution permettant de reconfigurer l’espace urbain en rapprochant les citoyens et leur lieu de travail.

Nous mettons en moyenne 56 minutes par jour pour aller travailler et les réseaux de transports autour des grandes villes sont de plus en plus saturés. La pollution de l’air générée entraîne plus de 45 000 morts prématurés par an et coûte à l’économie française environ 1 milliard d’euros. Dans le même temps, de nombreuses zones périurbaines sont touchées par des phénomènes de désertification économique.

La concentration de l’emploi au cœur des grandes agglomérations est une des causes principales de ces trois enjeux. Dans une étude récente, France Stratégie faisait d’ailleurs le constat suivant: « au XXe siècle, l’exode rural a profité à toutes les villes, petites et grandes et l’expansion du travail salarié a bénéficié à tout le territoire. Mais à l’aube du XXIe siècle, un tournant s’est produit : les métropoles – aires urbaines de plus de 500 000 habitants – ont commencé à capter davantage de créations d’emplois que les villes. Entre 2006 et 2013, les écarts prennent de l’ampleur avec le décrochage des aires urbaines de moins de 200 000 habitants. D’ici 2022, la métropolisation en France devrait hélas se poursuivre. »

Pour faire face à cette situation, une solution consisterait à relocaliser des emplois en périphérie des agglomérations. Ce changement est aujourd’hui possible pour de nombreuses activités du fait du développement des outils du numérique. Deux citoyens, Ludovic Boucaud et Yann Lemoine, proposent ainsi de développer des complexes de travail multi-entreprises de proximité autour des grands centres urbains.

Ces centres d’un nouveau genre permettraient aux citoyens de disposer d’un bureau prêt de chez eux. Les bénéfices sont nombreux : réduction de la fatigue et du stress, réduction des dépenses de transport, favorisation des modes de transport doux et gain de temps libre. Pour les employeurs, des espaces dédiés au sein de ces complexes permettraient de garantir un cadre de travail efficace et interactif, tout en maintenant une culture d’entreprise. Si besoin, des espaces de travail collaboratifs en centre-ville permettraient en parallèle d’assurer des interactions directes entre équipes projets quand nécessaire. Pour les collectivités, proposer des lieux de travail aux citoyens à proximité de là où ils habitent, ce serait favoriser le développement commercial, artisanal et culturel.

Les complexes multi-entreprises pourraient également devenir des lieux de vie locale à part entière. Une salle de conférence utilisée par les entreprises les jours ouvrés pourrait être utilisée comme cinéma en soirée ou pendant les weekends. Une crèche pourrait voir le jour pour faciliter la vie des parents salariés. Des salles de sport, de détente, de culture pourraient être ouvertes, accessibles aux travailleurs du complexe mais également aux habitants alentours. Autant d’initiatives au profit de la dynamisation des territoires.

L’ambition de tels projets implique cependant de faire l’objet de véritables politiques de développement urbain rassemblant pouvoirs publics, employeurs, salariés, promoteurs urbains, financeurs, chercheurs et société civile. Cette collaboration sera nécessaire pour répondre à certaines problématiques telles que :

  • Comment localiser les complexes de manière optimale et en gérer les flux d’entrée et de sortie ?
  • Comment financer la construction de telles structures ?
  • Comment assurer un accès doux et rapide aux complexes ?
  • Comment assurer aux employeurs que le nouveau système permettra à leurs équipes de fonctionner efficacement ?

Pour Ludovic et Yann, au regard des retombées positives générées, ces obstacles doivent pouvoir être franchis. Si nécessaire, en imaginant de nouvelles formes de gouvernance et de financement.

Une pétition a été récemment lancée dans le but de promouvoir le concept le plus largement possible. Ces deux promoteurs sont aujourd’hui à la recherche de régions pilotes prêtes à réfléchir sur le déploiement de telles structures.

Contacts :
Ludovic Boucaud
Yann Lemoine

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