serpent-liberal-emergents-transforment-capitalisme-petrobras-eco-labyrinthe-magazine
Deux camions citernes de la multinationale Brésilienne PetroBras sont sur le tarmac d’un aéroport.
Crédit photo : Victor Camilo en CC

 

La « multipolarisation » du monde – entendez par là la fin de l’hégémonie occidentale – a cela de bon qu’elle bouscule les certitudes établies et questionne ouvertement la pertinence de nos modèles économiques et financiers. Avec la finance de marchés et ses dérives spéculatives, nous avons tant poussé à l’excès les outils du capitalisme libéral qu’ils finissent souvent par desservir l’intérêt commun. En se réappropriant et en réinventant ces outils, les émergents nous démontrent par l’exemple que d’autres capitalismes sont possibles, que l’objectif de l’appareil économique et financier est avant tout d’assurer la prospérité d’une nation et de réduire les inégalités.

Le vent d’ultra-libéralisme en provenance des USA, qui souffle sur notre vieux continent depuis le milieu des années 1980, a entrainé la fin des grandes entreprises d’Etat, la course aux privatisations et le recours quasiment systématique à l’actionnariat et aux fonds spéculatifs pour le financement de nos grandes entreprises. Hier publiques, ces grandes entreprises étaient de véritables « bras armés » des Etats, elles assuraient notamment un rôle de service public (économique ou stratégique) et avaient un rôle central dans le fonctionnement de l’industrie et de l’économie nationale. Nos anciennes entreprises d’Etat sont aujourd’hui passées aux mains d’acteurs privés souvent très éloignés des secteurs dans lesquels elles opèrent et dont l’unique objectif est devenu la maximisation de la rentabilité financière à court terme. L’avantage de ce système est que, par ce biais, les entreprises ont accès à une nouvelle manne financière, non négligeable, qui leur permet de réaliser les investissements nécessaires au maintien de leur compétitivité ; l’inconvénient, non des moindres, c’est qu’elles n’ont plus de marge de manœuvre et doivent opérer au plus rentable, pas au plus utile. Avec la montée en puissance sur la scène internationale de nouveaux acteurs, les pays émergents et leurs puissantes entreprises d’Etats, nos anciennes entreprises privatisées payent chèrement leur fuite du giron public… elles ont face à elles de puissants adversaires dont la compétitivité se joue sur d’autres aspects que la rentabilité financière à court terme et qui ont derrière elles l’appui de leur Etat.

Les pays émergents ont bien compris l’importance de garder de puissantes entreprises publiques, bras armés des gouvernements, elles sont les garantes de l’application de leur politique commerciale et industrielle, elle assurent ainsi à leurs dirigeants politiques un pouvoir que les nôtres ont perdu face au dictat d’un monde de la finance devenu trop libre. Mais les entreprises publiques des pays émergents jouent également un rôle stratégique dans l’approvisionnement en matière premières de leur pays, dans la création d’emploi et dans le développement du leadership national dans des secteurs jugés stratégiques.

Ces entreprises disposent de très larges marges de manœuvre dans leurs opérations à l’étranger, appuyées qu’elles sont par leurs gouvernements et délestées des exigences intempestives, et finalement contre productives d’investisseurs privés, plus spéculateurs qu’investisseurs, totalement déconnectés des enjeux liés à l’activité de l’entreprise. L’expansion internationale des entreprises publiques des pays émergents sur le continent africain, ancien « terrain de chasse » privilégié (et pas toujours très légitime) des entreprises occidentales, concurrence sérieusement ces dernières, en particulier dans le secteur de l’extraction de matières premières et du pétrole. Pour caricaturer, en prenant l’exemple chinois, la priorité des entreprises d’Etat venues de pays émergents est d’assurer un approvisionnement en matière première à leur pays… peut importe le coût ou le nombre de « services » à rendre au pays d’accueil en échange d’un accès aux gisement. Ces « services » sont multiples, plus ou moins opaques, et concernent principalement la construction d’infrastructures nécessaires au développement du pays concerné (routes, écoles, hôpitaux, centrales électriques, raffineries). Evidemment ces infrastructures sont réalisées par des entreprises d’état chinoises, officiellement payées par l’entreprise minière… mais comme de toutes façons les deux entreprises appartiennent au gouvernement l’argent reste en Chine et Pékin équilibre les comptes in fine. Les pertes de court terme de ces entreprises ne sont pas sanctionnées si en contrepartie Pékin est assuré d’un flux rentrant et continu de matière première. La Chine y gagne un approvisionnement garanti en matières premières pour toutes ses industries et le développement d’entreprises d’Etat qui emploient massivement (des chinois) dans des secteurs stratégiques. L’arrivée de ces nouveaux acteurs chinois, mais aussi d’autres pays émergents, bouscule et rogne les marges des entreprises occidentales, dépendantes de l’actionnariat pour leur financement et qui, déconnectées du service public, ont perdu leurs latitudes de fonctionnement. Le libéralisme excessif de notre système coute cher à la compétitivité de nos entreprises, devenues moins robustes face à l’arrivée des acteurs émergents. Ce système est également fortement préjudiciable à nos économies qui n’ont pas, comme les émergents, ces « entreprises-bras-armés-du-gouvernement » dont l’objectif premier est de servir le pays.

En matière de capacité d’innovation, les entreprises publiques des pays émergents sont également précieuses pour appuyer l’innovation technologique. Le déploiement d’une innovation technologique dans le parc industriel d’un pays est un processus cher et long. Dans le secteur des énergies renouvelables par exemple, le Brésil a pu développer massivement les technologies nécessaires à la commercialisation de biocarburant (éthanol de canne à sucre) grâce à la société pétrolière nationale Pétrobras, entreprise d’Etat. Pétrobras a assuré les investissements nécessaires au déploiement de capacités de transport et de stockage de l’éthanol, opération très onéreuse et indispensable à la commercialisation du biocarburant. La dépense a été amortie par les comptes publics mais aujourd’hui elle permet au pays d’assurer plus de 50% de sa consommation de carburants par l’utilisation d’un produit fabriqué localement, qui contribue à dynamiser des filières agro-industrielles locales, à créer de l’emploi, à équilibrer la balance des paiements et à réduire la dépendance brésilienne aux importations pétrolières. Au delà de ces intérêts « stratégiques » pour le développement du pays, cela a permis l’incubation d’une industrie brésilienne des énergies renouvelables (biocarburants mais aussi bioélectricité) qui est aujourd’hui compétitive à l’international.

 

Si vous pensez que la vertu triomphe toujours du vice

Les innovations de modèles des pays émergents montrent bien qu’il n’existe pas un, mais des capitalismes. « Peut importe la couleur du chat tant qu’il attrape la souris », disait Deng Xiaoping. Espérons que les dirigeants des pays émergent gardent en tête que la souris à attraper est bien celle de la réduction des inégalités et d’une croissance économique juste, qu’ils « inventent » à ces effets de nouveaux modèles économiques et financiers libérés des dérives ultra-libérales de ceux des pays occidentaux… et qu’un jour les « Nords » finissent par s’inspirer des « Suds » dans la création de leurs modèles de développement.

Si, au contraire, vous pensez que le vice l’emporte sur la vertu

Les modèles de développement des pays émergents sont intéressants en ce qu’ils ouvrent de nouvelles voies. Ayant longtemps étés dominés, parfois exploités par les économies occidentales, ils admirent autant qu’ils se méfient de nos modèles économiques et sociétaux. Leurs paradigmes de pensée du développement sont profondément différents et cela laisse espérer la création de modèles de croissance plus efficients que les nôtres. Mais au fur et à mesure de la croissance de leur PIB, on voit se développer chez eux les mêmes maux que ceux qui rongent nos sociétés, au premier rang desquels les inégalités de revenus et l’enrichissement extrême d’une infime frange de la population. Cette frange est souvent celle qui dirige le pays et semble de plus en plus séduite par les sirènes du capitalisme ultra-libéral… espérons qu’après avoir conquis l’Europe, le capitalisme ultra-libéral à l’américaine ne contamine pas à son tour les pays émergents, qu’ils auront suffisamment de distance culturelle pour en percevoir les vices cachés.

 

One thought on “Alors que le serpent ultra-libéral se mord la queue, les pays émergents transforment le capitalisme

  1. L’analyse très teintée de « gauchisme » pourrait être séduisante, si la réalité crue ne la contre-disait pas, quasiment sur chaque argument/exemple.
    Notamment par les entreprises géantes allemandes (Volkswagen, Mercedes, Siemens, ThyssenKrupp, Salzgitter…) qui s’en sortent très bien (voire plus que ca), malgré leur passé étatique pour certaines. Et Siemens est la boite qui dépose le plus de brevets en Europe, et elle est privée… (ne parlons pas de ses homologues américaines hyper breveteuses et… privées…)
    Elle est aussi contredite par les entreprises financières et de service anglaises ou hollandaises, qui cartonnent.
    Et pourquoi ne pas évoquer les américains, qui sont encore une fois, les leaders (Apple, Google, GM, GE, …) de cette économie globale post-crise… n’en déplaise aux déclinologues qui n’ont pas compris,que le monde est dominé depuis 5000 ans par le(s) peuple(s) du moment qui a/ont la plus grosse force de frappe militaire… certains « modernistes » appellent cela la « loi du plus fort » et ce principe (arriéré?) semble pourtant bel et bien d’actualité aujourd’hui, que cela nous plaise ou non…
    Encore une fois, tant sur l’industrie que sur les services, nos copains europeens plus libéraux economiquement que nous s’en sortent et font de la croissance depuis 3 ans.
    C’est une question non pas de suivre un modèle « capitalistico-destructeur », mais de s’adapter à l’univers multi-polaire comme tu l’appelles (l’un n’entraine pas forcément l’autre).
    Et pour un pays très conservateur (« on a eu du talent avec Voltaire et Hugo », « on a été un grand pays », « on a eu Louis XIV », « on a eu les lumieres », blabla tout du passé) comme l’est la France, c’est culturellement dur de « changer »/ »s’adapter ».
    Et à nommer des enarques, formés à l’expertise paperasse administrative et à la culture générale, à la tête et aux directions des entreprises privatisées depuis 1983 (parce qu’il faut bien se partager les gateaux entre potes, hein), et bien, on a mis des neuneux au volant de voitures de course (de droite comme de gauche). Et dès le premier virage, ce fut la sortie de piste. Dont Alstom semble être la dernière victime ce week-end… Bon et puis, après avoir tué nos belles entreprises industrielles, les mêmes sont en train d’en finir avec la Veme république et sa promesse sociale.
    On a les champions qu’on mérite.
    D’ailleurs, fait que chacun peut constater, combien de nos copains de l’ena parlent une langue étrangère, ne serait-ce que l’anglais ? dans une Europe à 25, ca fait sourire. Alors dans un monde multi-polaire…

    Mais parlons des émergents.
    Le Bresil, si je m’en réfère à la presse, a enclenché une phase assez difficle: l’inflation a atteint un trop plein, et a plus de 10% par an depuis une dizaine d’année, et leur economie financée par le pétrole est en cours d’essouflement. Et au passage, c’est le pays le plus polluant dans son extraction de pétrole au large des côtes (notamment grace a la « nationale » Pétrobras que l’article semble glorifier)… et le « bio-carburant » que tu évoques, qui n’a de bio que le nom, quel cynisme ! ce « bio »-merde présente un bilan carbone équivalent (voire pire) au pétrole (http://goo.gl/Kct9En) et ,de surcroit, il impacte la production alimentaire, alors que les favellas crèvent de faim… Et dans ce modèle que tu décris comme idyllique, c’est le groupe Monsanto qui rafle la mise pour les semences en plus: Mazeltof !
    Le Brésil est sans doute le pays avec le plus d’inégalités sociales (si j’en crois Piketty), en regard du PIB généré. Est-ce vraiment un exemple alors que les favellas – toujours plus nombreuses – sont nettoyées à coup de mitrailleuses chaque jour qui passe ? (Pour le bien de la coupe du monde à venir, à ce qu’il parait…)
    Et quid de l’Inde ? Encore un modèle ?
    Puis c’est au tour de la la Chine d’être enjolivée dans ton article. C’est quand même le pays qui envoie ses gamins de moins de 15 ans dans des usines « etatico-compatibles », assembler tes machins électroniques, tes iBidules et même la couture de tes jeans sans doute eux aussi « bio »-je-sais-pas-quoi ou « durable »-machin, vendus dans toutes les bonnes boutiques bobos du marais (à prix « équitables », bien sur). Tout ca pour un pouvoir corrompu (qui est en train de goulaguiser toute une partie de sa classe politique…), qui n’a d’etatique que son armée et la bienveillance pour les copains « capitalistes d’Etat » qui dirigent les mega-usines et qui sur-exploitent les gens dans des conditions déplorables.
    Et la Chine en Afrique ou au Venezuela, construit les infrastructures pour une bouchée de pain. Mais sais-tu pourquoi ? As-tu lu les accords (qui sont en grande partie publics) ?
    Simple: ils te font tout si et seulement si tu t’engages sur 50 ans à être leur principal client de matière première (pétrole surtout), à un prix fixé par contrat aujourd’hui, avec bien sur un discount de 25 à 40% sur le Brent (i.e. ce qui s’est passé au Venezuela). Ou comment tuer le peuple de ces pays, déjà abimés, pour le siècle à venir ! Une belle leçon de cynisme.
    Au passage, ni la Chine (qui copie tout), ni le Brésil ne sont des nations innovantes scientifiquement/industriellement. A part en pollution peut-être, si l’on en croit les derniers rapports en la matière.
    Si c’est ca le « socialisme moderne », si c’est l’utopie qui doit nous faire envie, Marx se retourne dans sa tombe.
    L’argument de l’entreprise nationalisée qui performe et apporte le bien-être à son peuple grace à son état semble – de la Chine au Brésil – au mieux caduque, au pire fallacieux. Surtout lorsqu’il s’agit en vérité, de dumping, de destruction de l’environnement et de sur-exploitation de main d’oeuvre… des travers historiquement capitalistes, non ?

    Piketty, l’ex-meilleur ami d’Hollande, est intéressant dans son analyse de l’augmentation relative des richesses des plus favorisés (son dernier livre).
    Oui, il croise des chiffres statistiques pour montrer que les 10% des plus riches américains concentrent plus de 50% du fric de leur pays, quand en France le ratio est de 35%.
    Est-ce un indicateur suffisant pour soutenir la thèse d’une économie équitaire et juste ?
    Le nombre de démunis réels semblent être également un bon critère à regarder en termes de justice sociale (sans doute par abus de pragmatisme, non-idéologique…).
    D’après le livre de Piketty – qui évacuent vite cette stat qui gène son raisonnement – , nous avons en France plus de 9 Millions de gens sous le seuil de pauvreté sur 63 millions d’habitants (14% de démunis). Alors que les ricains, 30 M sur 340 millions (8.8% de démunis) après avoir connu un pic a 40M pendant la crise ( ce qui reste plus faible que chez nous)…
    Quoi ? Le système francais serait plus inégalitaire et créerait plus de pauvres qu’aux US ? merde, c’est dingue… ils ont pas la sécu, ni les retraites, ne veulent pas de CDI et encore moins de CMU… ils sont « ultra »-libéraux, « neo-cons », mechants, bouffeurs de burgers, inventeurs des technologies modernes qui servent à rien (internet, smartphone, twitter, blog etc…), producteurs de series « pourries » (qu’aucun bien pensant ne regarde bien sur)… et pourtant… merde merde merde… comment c’est possible ? Et le pire c’est que leurs entreprises privées et leurs universités (pas vraiment publiques, mais pas complètement privées) déposent bien plus de brevets que nos dispositifs publics (aaaaah le CNRS…) ne l’ont jamais fait… toutes les pointures du monde entier se retrouvent dans leurs universités… et librement, de leur propre volonté en plus… sont-ils tous devenus idiots ?
    Tocqueville s’enorgueillait de la réussite des bosseurs, des innovants et des talentueux. Encore fallait-il leur laisser le droit d’entreprendre et de prendre un risque (8 creations d’entreprises « privees » sur 10 font un flop). En quoi serait-ce un mal d’entreprendre en dehors des clous de l’Etat ? En quoi serait-ce un mal de vouloir vivre de son travail sans passer par une structure hiérarchique comme l’est l’Etat ou une entreprise ?
    Ce qui compte, c’est plutot que le maximum de gens ne soit pas dans le besoin, ait du boulot qui ne les tue pas et puisse vivre leur vie librement, non ? En ce sens, notre système a échoué manifestement.
    C’est ridicule, tellement catho (voire réac) et bien pensant de « détester » les « riches » et l’entrepreneuriat (2 choses très différentes), par idéologie aveugle et stérile.

    Et puis parler d’ultra-libéralisme en France, est-ce bien sérieux quand 50% de la pop active est fonctionnaire ou agent d’une « Agence d’Etat » ?
    Quand l’administration et la fiscalité poussent les entrepreneurs et autres jeunes hors de France de manière alarmante ? (sujet à la mode chez Valls et dans les journaux ces derniers temps, surtout le Monde et Libé…)
    As-tu deja essayé de monter une boîte ?
    Tu sais, malgré les « chocs de simplification » (qui inventent ces expresssions pourries ? Euro RSCG / Havas mon amour ! ), c’est loin d’etre administrativement simple, et fiscalement, tu n’as rentré aucune commande que tu dois deja payer des cotisations… drôle de système !
    Le jeune entrepreneur est bien souvent étouffé, quand bien même il a une bonne idée (et en général pas un rond).
    Et tout ce système favorise qui ? Les vieux riches (entendre « héritiers » ici) et les grosses entreprises issues des années 60 très libérales économiquement (de Pinaut à Mulliez, ils ont tous construit leurs empires à cette époque – impossible en France aujourd’hui…), seuls capables de se lancer dans de nouveaux projets…
    Bergé, Pigasse et consorts (hommes de « gauche St Germain » devant l’éternel) adorent ce système d’ailleurs et rachètent pour une bouchée de pains toute la presse francaise en ce moment (ce sont les nouveaux Dassault…)… et en ricanant !

    Notre systeme social a été monté par la génération des 30 glorieuses, pour la génération des 30 glorieuses (ils ont assuré leur chomage, leur santé et leur retraite en avance).
    Bien ficelé et contrôlé par les mêmes qui se reproduisent entre eux, dans une école sortie de nulle part, sans histoire ni fondation et tellement IVeme république: l’ENA.
    Et un système, au passage créant des niches pour les « élites parisiennes » (et c’est là que les enarques de droite comme de gauche ricanent à leur tour…).
    Sur le dos des générations futures: les notres.
    Ce systeme n’est ni financé, ni juste, ni en adéquation avec le monde d’aujourd’hui. Il est devenu un anachronisme contemporain, qui tue à petit feu les générations actuelles sur l’autel du bien être des enfants du Baby Boom, aka les Papy Boomers. Oui, nos parents et grand-parents entre autres.
    S’il est super chouette sur le papier ce système, il ne marche objectivement pas, et quelques questions sont posées aujourd’hui :
    – Se ré-équilibrera-t-il comme en Allemagne à force de coupes drastiques ? (faudrait du courage politique)
    – Va-t-il crever devant la réalité de la dette et les coups de boutoir de la commission européenne ?
    – ou tout simplement sera-t-il détruit par les urnes comme le laissent sous-entendre les dernieres elections qui tendent a mettre en avant les partis « non ENArquisés », tendance Marine ?
    Et dans ce système le plus social du monde que la bien-pensance parisienne veut « sauver à tout prix », le véritable peuple de gauche (la classe ouvrière) vote extrême-tout: extreme-nationaliste, extreme-renfermement, extreme-droite, extreme-gauche, extreme-communautaire… extreme-con disent certains intellectuels sur France Inter (ou comment avoir la démocratie à géométrie variable…).
    Ca en dit long et cette démocratie fait flipper.
    Ca interroge.
    Vivons-nous encore en démocratie quand on vote pour les memes depuis 30 ans ?
    Vivons-nous encore en démocratie quand sur 530 années cumulées d’expérience, nos actuels ministres n’ont passé que 3 ans en entreprise (article du point du mois dernier) ?
    Comment une seule formation universitaire (ENA) peut-elle truster tous les pouvoirs depuis la fin des années 60 ? (tiens ca correspond au début des crises dont la France n’est jamais sortie,… et de la perdition des entreprises dites publiques…)
    C’est ça la représentation du peuple ?
    Nous sommes bien le seul pays à laisser les mêmes nuls (parce qu’avec une mentalité IVeme république, c’est difficile d’être formé et de comprendre ce monde multi-polaire dont tu parles fort justement), se passer le pouvoir depuis 40 ans, avec des résultats dignes des plus gros cancres de l’Histoire.
    Nous n’avons que trop nié la réalité, et c’est sans doute sur celle-ci qu’il faut réfléchir, plutôt que sur des idéologies et une mentalité « bande de potes ».
    Quoiqu’il arrive, cette réalité nous rattrapera. Et elle aura un prix.
    Et le vrai problème, il est là.

    Je n’ai pas la solution, ce n’est pas mon métier encore moins ma vocation, mais le monde n’est ni binaire, ni figé.
    Comme l’a écrit Marx, tout est dans le rapport de force. Mais pas forcément comme on veut nous le raconter dans un monde manichéen qui n’existe pas et qui n’a sans doute jamais existé.
    Le socialisme n’est pas le Bien (ne jamais oublier les 100 millions de déportés/morts dûs à Mao et les 65 de Staline, il y a peine 50 ans…).
    Le capitalisme n’est pas le Mal (ne jamais oublier les crises de 1929 et de 2007, qui ont rejoué une partie des cartes et blessé des peuples…).
    Et vice et versa !
    Et pour le libéralisme, plutot que d’utiliser le mot à torts et à travers, relisons donc Tocqueville !
    On est toujours dans un droite/gauche stérile, sur des idées du monde de la guerre froide révolu depuis 1989.
    Pas étonnant quand on a toujours des Juppé, des Fabius, des Royal, l’odieux Copé, des Raffarin, des Hollande aux manettes aujourd’hui, alors qu’ils étaient déjà là durant les 80′.
    Et lire un article qui encense la Chine et le Brésil, en chantres de l’anti-liberalisme, l’anti-atlantisme, rédigé de la main d’une jeune, j’ai l’impression que ces mecs ont gagné… à tout simplifier, à mettre un camp (l’Etat/le « socialisme » (le vrai)) contre l’autre (le « vampire » capitaliste), débat vieux de plus de 100 ans !!!!
    Si même la jeunesse n’est plus capable de penser de nouveaux modèles dans un monde enfin ouvert à toutes les opportunités et à l’échange, c’est à en perdre espoir… pour ceux qui en auraient encore.
    D’ou mon commentaire épidermique un peu long.

    Ce manichéisme est très réac comme vision du monde…
    Ironie, le changement, on vote tous pour… personne ne le fait.

    Preuve que la perfection n’existera jamais !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *