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Pollution, embouteillage, bruit… face aux problèmes de l’urbanisation, les classes moyennes chinoises ont enfin trouvé une alternative. Aujourd’hui, passer un weekend selon les préceptes du « Nong Jia Le » est devenue le nouveau concept à la mode des populations urbaines chinoises.

Nong Jia Le, signifie mot-à-mot le « bonheur dans la maison des paysans ». Ce concept est apparu pour la première fois dans les années 1980 à Chengdu, une ville située au sud-ouest de la Chine, célèbre pour ses ressources naturelles et ses champs agricoles en polyculture.

Empruntées au tourisme rural, les activités proposées par le Nong Jia Le sont tout à fait étonnantes. Ce que la clientèle chinoise recherche avec ce nouveau type de loisir, c’est de vivre la vie d’un paysan et surtout pas celle d’un banal touriste urbain. Ainsi, il n’est pas rare de voir les habitants des mégalopoles chinoises passer leurs weekends en rase campagne pour s’adonner au maraichage ou à la cueillette de fruits et légumes bio dans de vastes domaines agricoles. Ces touristes d’un nouveau genre retournent ensuite dans leurs villes pour offrir à leurs proches leur récolte. Triste est de constater que le folklore traditionnel et les expositions en tout genre sont maintenant largement désertés et considérés comme des activités pour occuper les hordes de touristes étrangers.

Le succès du tourisme rural en Chine reflète une certaine poursuite de simplicité et de sérénité de la population chinoise face à l’urbanisation éclaire qui a eu lieu dans les dernières décennies. Pour certains riverains, notamment ceux qui ont été amenés à faire du volontariat dans des exploitations agricoles durant la Révolution Culturelle, ces vacances constituent un véritable retour aux sources voir une forme de nostalgie de la vie rurale. Les valeurs paysannes de « travail de la terre » « productivisme agricole » et d’« emploi pour tous», qui sont très ancrées dans la culture chinoise, ont fortement contribué au succès de cette nouvelle pratique.

Aujourd’hui, le Nong Jia Le est devenue une composante clé du tourisme chinois. Ses produits dérivés contribuent d’ailleurs largement au chiffre d’affaire du secteur. Mais à peine démocratisé, il est déjà victime de son succès. Aidés par les incitations financières du gouvernement, certains entrepreneurs n’hésitent pas à se lancer dans des projets de « maisons de paysans » pensées comme de véritables hôtels cinq étoiles. De luxueux complexes d’un nouveau genre sont maintenant apparus et sont même devenus une aubaine pour des milliers de jeunes étudiants citadins à la recherche d’un petit boulot pour l’été.

Menus traduits en anglais, piscines chauffées, centres d’UV flambants neufs, villas construites à flan de montagne, c’est à se demander si le Nong (Ferme) Jia (Famille) Le (Bonheur) mérite toujours bien son nom.

Man Li Huo

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