A l’occasion de la sortie de son livre « Comment l’Islande a vaincu la crise : reportage dans le labo de l’Europe« , Pascal Riché nous a reçu dans les locaux de Rue89. Nous lui avons posé nos questions sur la gestion de crise extraordinaire adoptée par les dirigeants islandais depuis 2008.

Nous recommandons vivement la lecture de cet ouvrage qui propose un récit détaillé et une analyse fine de la saga islandaise. Le livre est d’autant plus réussi qu’il est à la fois agréable à lire et constitue une grande source d’inspiration pour en finir avec l’orthodoxie politique qui règne en Europe ces dernières années.

Pascal Riché est co-fondateur et rédacteur en chef de Rue89 depuis 2007. Auparavant, Il a dirigé le service économie du journal Libération avant d’être nommé correspondant à Washington en 2000.

2 thoughts on “Entretien avec Pascal Riché – L’Islande : histoire d’un pays qui a tenu tête à la finance

  1. Comment faire pour que la finance soit au service de l’économie ? L’Islande, ainsi que vous le montrez, est révélatrice de ce problème par le fait que son système financier était hyper développé par rapport au reste de l’économie principalement la pêche, le tourisme et l’aluminium à partir de bauxite importée. Du point de vue du rôle excessif de la finance l’Islande illustre parfaitement un des problèmes des marchés financiers vis à vis du développement durable : celui de la mise en marché des créances par la standardisation des dossiers de prêts pour permettre la titrisation. J’ai approfondi cette problématique sur le site de la Fondation Nicolas Hulot (http://financerlavenir.fnh.org/billet-invite/analyse-critique-de-la-valuation-economique-des-risques-ii-le-cas-du-credit/). Pour dire la chose en une phrase c’est une grave erreur d’avoir standardisé les créances pour les échanger sur les marchés financiers, on dégrade, ce faisant la qualité de la relation contractuelle entre prêteur et emprunteur ce qui a une grande importance pour la transition écologique où des risques de mutation technique existent pour les industriels. L’autre problème majeur est l’agitation des marchés c’est dû à la spéculation, ses conséquences sur l’environnement sont également préoccupantes (cf http://nicolasbouleau.eu/prix-futurs/ et aussi http://nicolasbouleau.eu/le-liberalisme-et-les-poissons/).
    Le fait que l’Islande actuellement « fonctionne » est instructif pour ce qui est des dettes des Etats. Dans le système de la titrisation lorsque la probabilité de remboursement d’une créance descend vers zéro, la valeur de cette créance sur les marchés descend aussi de facto. Donc si le créancier veut se défaire de sa créance, il est obligé de « prendre sa perte ». Alors tout le problème est que les banques veulent maintenir la hauteur du capital prêté en ne se pliant au marché des créances que dans le sens de leur intérêt. Les Etats n’ont pas à rentrer dans ce jeu. Et ce que fit l’Islande montre que l’on peut dire non, et vivre encore !

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