Ce livre m’a ouvert les yeux : chaque jour, nous utilisons, consciemment ou inconsciemment, des propos qui peuvent blesser les autres. Ils nous poussent même à nous mentir à nous-mêmes. Les expressions qui nous déresponsabilisent comme « je dois » ou « il faut que », les « c’est bien » ou « c’est mauvais », le verbe « mériter », sont d’autant d’exemples de ces jugements que l’on porte sur soi-même ou sur les autres. Les propos répressifs, les comparaisons qui nous rabaissent, … Nous les utilisons toute la journée.

Marshall B. Rosenberg montre dans son livre, Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), comment cette communication aliénante entrave notre bienveillance tout en démontrant qu’une autre forme de communication est possible. Une communication qui permet de résoudre des conflits, d’être honnête avec soi-même, viser le bien-être autour de soi, et…à chacun de s’en trouver l’usage approprié.

Cette communication peut s’appliquer dans tous les domaines : les relations de couples, les relations familiales, scolaires, professionnelles, et bien d’autres. Rosenberg, psychothérapeute américain, docteur en psychologie clinique, a mis en application ses techniques à des niveaux de résolutions de conflits internationaux ou de négociations diplomatiques. Pour s’exprimer en communication nonviolente (CNV), il propose un outil qui se décompose en quatre points:

    • L’observation sans évaluation: pas d’étiquette, positive comme négative, pas de critique ni de jugement. « Je vois… » Rien de plus!
    • L’expression de ses sentiments: l’exercice difficile peut d’abord être de les identifier. Bien distinguer ce que nous ressentons de ce que nous pensons être, ou de ce que nous interprétons. « Je me sens… »
    • L’expression de ses besoins, qui justifient nos sentiments. « Parce que j’aimerais/j’ai besoin de… » Si on exprime nos besoins, il y a plus de chance qu’ils soient satisfaits! Comme le souligne Rosenberg, « les jugements portés sur les autres sont l’expression détournée de nos propres besoins insatisfaits ».
    • L’expression d’une demande claire et concrète, qui va dans le sens de son bien-être, pour satisfaire ses besoins, par l’usage du langage d’action positive notamment. « Je veux/je voudrais… » plutôt que « je ne veux pas que… »

Ainsi, en CNV, cela donne: « Lorsque je vois…, je me sens…, parce que j’aimerais … Je voudrais/Serais-tu d’accord de…. » Si on peut se sentir vulnérable suite à cet « élan du cœur », comme le décrit Rosenberg, on peut demander un retour à son interlocuteur: « qu’avez-vous entendu…? ». Nos interlocuteurs ne formulent pas forcément ces quatre points. Alors que faire?

Si d’un côté on s’exprime avec sincérité, alors de l’autre: on accueille avec empathie. L’idée est d’aller chercher les sentiments et les besoins de son interlocuteur. Écouter son interlocuteur, ne pas le juger ou interpréter ce qu’il peut penser, paraphraser son interlocuteur pour s’assurer de l’avoir bien compris. Marshall Rosenberg nous montre tout le pouvoir de l’empathie: se sentir moins vulnérable, accepter l’autre, renforcer les liens avec l’autre, désamorcer des situations de danger…

Ce livre est un véritable outil mais surtout une base de réflexion pour améliorer la relation avec soi-même et avec autrui. Il nous apprend à exprimer ce que la société moderne peut nous apprendre à taire. Il présente également d’autres chapitres sur l’expression de la colère, de sa reconnaissance, ou sur les limites de la répression. Avec une préface d’Arun Gandhi, petit-fils de Mahatma Gandhi.

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D’après Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la Communication Non Violente, de Marshall Rosenberg, Edition Broché, Amazon.

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