Les « serfs invisibles » de Dubaï, 2011 © Thomas Kalak

Aaaah ! Dubaï et son développement urbain exponentielses réalisations architecturales grandioses, son désert de sable blanc en chantierson tourisme de luxe… Un grand mirage ?

« Le caractère utopique de Dubaï — cela doit être souligné — n’est pas un mirage. Plus encore que Singapour ou le Texas, la ville est une apothéose des valeurs néo-libérales.

Côté pile, elle fournit aux investisseurs un régime confortable, entre style occidental et droits libres de propriété, unique dans la région. Ajoutez à ça une large tolérance pour les boissons, les drogues douces, les dos-nus et autres vices étrangers formellement proscrits par la loi islamique. Quand les expats vantent « l’ouverture » unique de Dubaï, c’est pour cette liberté de festoyer – pas pour organiser des syndicats ou publier des critiques, ce qu’ils louent d’habitude.

Côté face, Dubaï avec ses voisins, a atteint le stade ultime de la privation des droits du travail. Les syndicats, les grèves et les fauteurs de troubles sont illégaux et 99% de la main-d’œuvre du secteur privé est composée d’étrangers facilement expulsables. Sans aucun doute, les grands penseurs de l’American Enterprise Institute et du Cato Institute doivent saliver en contemplant les systèmes de droit et de classe de Dubaï. »

Mike Davis, Le stade Dubaï du capitalisme (Les Prairies Ordinaires, 2007)

« L’image de la quinzaine », un concept simple : tous les quinze jours, une image pour illustrer un sujet d’actualité brûlant, une info intéressante qui aurait pu vous échapper ou un simple coup de cœur à partager.

Excellente quinzaine à vous !

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