Une année se termine et une autre débute. Nous avons constaté  que depuis le début de la crise financière et économique, la France a du mal à s’en sortir. Face à quoi, le gouvernement actuel utilise la peur pour diviser les français. Pour 2011, comment pouvons-nous retrouver une économie qui crée du lien entre tous les acteurs de la société, tous ses citoyens ?

La crise financière de 2008, en France, a semble-t-il élargit le fossé entre les élites et les citoyens. Une autre économie fait son apparition, c’est l’économie sociale et solidaire (environ 10% du PIB, pas loin de 2 millions d’emplois, et un secteur en croissance constante chaque année). Cela est-il un phénomène tout à fait nouveau ? Pas vraiment, à en croire un rapport de Patrick Viveret, philosophe, remis en 2001 au secrétaire d’état à l’Economie Solidaire, Guy Hascoët. C’était l’époque du gouvernement  » Gauche plurielle » de Lionel Jospin. Ce rapport est passé quelque peu inaperçu pour les Français, comme beaucoup de rapports. Actuellement la France veut plutôt être plus compétitive. Ce qui signifie donc « compétition » entre les pays, mais aussi, l’idée que les Français doivent s’affronter économiquement, secteur par secteur, pour avoir du pouvoir d’achat, posséder et consommer.

Pourquoi ce secteur de l’économie sociale et solidaire semble aussi bien marcher malgré cette volonté forte du gouvernement de vouloir à n’importe quel prix, faire augmenter le PIB (seul moyen utilisé par les gouvernements pour mesurer la bonne santé d’un pays et de son économie) ? Le PIB est-il encore un outil de mesure fiable pour mesurer la bonne santé d’un pays ? Patrick Viveret revient, dans son rapport, sur cet indicateur économique et son devenir. Il critique dans le PIB dans son aspect purement « économique » au sens monétaire. Cet indicateur mesure l’activité des entreprises dans un pays et les bénéfices qui montrent que celui-ci est en bonne santé. Pendant longtemps nous avons pensé que le PIB, en augmentant, créerait de l’emploi, ce qui a été en partie vrai un temps, cependant c’était sans compter avec un facteur déterminant qu’est celui de la crise écologique et des ressources naturelles qui se raréfient. On constante depuis quelques années une raréfaction des ressources naturelles, à commencer par le pétrole, pour lequel le pic de production aurait été atteint en 20061). L’économie actuelle étant très dépendante aux énergies fossiles cela signifie qu’une très grande majorité de pays vont devoir réduire leur dépendance aux énergies fossiles d’ici les prochaines années. Le PIB ne prend pas en compte tout ce qui relie accès à la santé, à l’éducation, les droits sociaux, etc. Cet indicateur oublie de prendre donc en compte les conséquences économiques et sociales de la crise écologique. Patrick Viveret souligne qu’il existe un autre indicateur, l’IDH (Indice de développement humain) qui mesure lui, une grande partie de ces facteurs.

Il expose de nouveaux indicateurs qui pourraient être utiles, au-delà du seul IDH, pour piloter d’une autre façon une économie. Souvent les indicateurs sont sous-estimés, sont critiqués car ne représentant pas toute la vérité d’une situation. C’est tout le problème du PIB en ne montrant qu’une facette de la réalité.

Revenons à la problématique de départ : retrouver une économie du lien. La question des indicateurs de mesure de la santé d’un pays est importante. Savoir ce qui est échangé et comment cette échange est valorisé est tout aussi important. A quels besoins des citoyens, en priorité, l’économie doit-elle répondre ? Qui doit définir ceux que sont les besoins des citoyens ? Le marché ? L’État ? Les citoyens eux-mêmes ? A l’heure actuelle, il y a des besoins pour lesquels, normalement, l’État doit répondre sans distinction, à tous les citoyens notamment l’accès à la santé, l’éducation par exemple. Cependant, pour ce qui est des besoins du quotidien, la collectivité peut difficilement répondre à tous les besoins des citoyens, faute de moyens. Des systèmes de monnaies locales pourraient donc se mettre en place par l’initiative des citoyens. Une manière d’y répondre serait de faire appel aux compétences des citoyens eux-mêmes, les valorisant par les monnaies sociales. Ce serait une manière aussi de rendre moins dépendant de l’État certains quartiers.

Que pourrait être la raison qui pourrait inciter des habitants d’un quartier à s’engager dans une démarche de monnaie locale ? Ce pourrait être le déficit de services et commerces de proximité par exemple. Imaginons que dans un quartier difficile, où il manque de tout (emploi, service, commerce, transport, …), une solidarité se mette en place avec les compétences de chacun, de les échanger, et de valoriser chaque échange. N’avez-vous pas un jour voulu demander à votre voisin un petit service ? Le premier lien à retrouver serait donc celui du voisinage. Chaque voisin peut s’échanger des services et ainsi créer ce lien. Le but est de valoriser cet échange, mais le choix de l’outil de mesure est laisser au libre choix de ces acteurs : la monnaie locale. Quel est le rapport avec le PIB ? Ces liens, ces échanges, ne sont pas valorisés dans cet indicateur économique mais à travers une monnaie locale.

JB Say au sujet de l’utilité des ressources naturelles, nous dit : « cette faculté qu’ont certaines choses de pouvoir satisfaire aux divers besoins des hommes ». On pourrait faire ce parallèle en considérant que chaque citoyen est une ressource de compétences et de service pour un autre. Nous pouvons ajouter à cette citation celle de Gandhi : « Il y a assez de ressources sur la planète pour répondre aux besoins de tous mais pas assez pour satisfaire le désir de possession de chacun ». J »ajouterais à cela qu’il y a autant d’êtres humains pour satisfaire les besoins de tous.

 

 

Pour aller plus loin  :
expériences québécoises : « carrefour des savoirs », « parlement de la rue » => pour organiser régulièrement des forums publics permettant à tous les acteurs qui s’estiment lésés par nos représentations de la richesse de proposer d’autres missions possibles en rendant audibles et visibles des richesses non comptabilisées ou sous-évaluées.
Reportage sur les banlieues dans l’Edition spéciale, sur Canal Plus, montrant une autre facette des banlieues, plus positive que celle montrée d’habitude. Conditionner l’offre en échange de temps à donner pour (comme dans une ville de la banlieue de Rouen). Visite du quartier par les jeunes pour les touristes et habitants du quartier.

http://www.developpement-solidaire.org/spip.php?article56

http://www.pauvrete.qc.ca/article.php3?id_article=22

http://www.alternatives-economiques.fr/monnaie-sociale_fr_art_223_31276.html

  1. selon l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE []

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