C’est en regardant « Direction des richesses humaines », la nouvelle émission de France 5 sur la vie des employés, que j’ai eu le déclic. Et si l’humain et la nature étaient tous deux la plus grande richesse dont l’humanité puisse jouir.

Alors que nous entrons aujourd’hui dans l’année de la Biodiversité, il me semble qu’il subsiste encore une confusion trop fréquente. On parle souvent de nature et d’humains en tant que ressources alors que l’on devrait plutôt parler de richesses. Le mot ressource sous-entend implicitement que l’on dispose d’une manne épuisable tandis que si l’on parle de richesse cette notion n’entre pas en compte. Par définition, les ressources tendent à s’épuiser tandis que les richesses croissent ou s’accumulent.

L’année dernière, la Commission sur les nouveaux indicateurs de l’économie, présidée par le prix Nobel de l’Economie Joseph Stiglitz, a mis en évidence l’obsolescence de la notion de PIB.  En critiquant cet indicateur, qui mesure le niveau de production d’un pays, Stiglitz a également mis le doigt sur la nécessité de faire évoluer la vision que l’on a du mot «richesse».  L’économie mondiale se doit de prendre en compte le capital humain et naturel qui est son seul véritable patrimoine.

Comparons deux actions anodines : couper un arbre et licencier un salarié. Les deux ont pour conséquence une destruction de valeur car l’on empêche une richesse d’être préservée, de s’accumuler ou de se développer. Si la vente de cette ressource apporte un bénéfice à un nombre limité d’individu, elle prive la planète entière de ces bénéfices. Si l’on coupe un arbre, on prive la planète de la possibilité de capter naturellement le CO2. Il en est de même pour une personne à qui on supprime la possibilité de travailler car on lui retire la possibilité qu’il a à développer et à créer.

Lorsque l’on coupe une forêt en Amazonie ou que l’on licencie un employé en France, il s’agit  bien d’une perte pour la société. Alors, que font les multinationales quand elles licencient ou rasent des hectares entiers de forêt en Amazonie ? Elles suppriment notre capital collectif ; nos richesses ne sont plus préservées pour le plus grand nombre mais exploitées pour une minorité.

En son temps, Jean-Baptiste Say affirmait « Les richesses naturelles sont inépuisables, car sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques. ». Il est maintenant primordial d’en finir avec ces vieux adages du passé et de construire une société créatrice de richesses humaines et naturelles.

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